Ombres libanaises

Mûriers sauvages
En posant le « mûrier sauvage » comme éponyme de son récit, Imane Humaydane Younes entraîne le lecteur dans une aventure qui s’annonce comme des nuages d’orage dans un paysage méditerranéen d’éternité sereine : un domus comme il y en a tant en Méditerranée, ici dans la montagne druze du Liban. Un récit au cœur de l’Orient si « compliqué » pour le regard occidental qui pose le linceul de l’exotisme lorsqu’il ne comprend pas que les pensées sont aussi écrites dans le bois, la pierre ou sur la métaphore d’un arbre — ici le mûrier, cette nature qui anticipe tout ce que la culture a de noble, la soie.

Un patriarche autoritaire, à l’automne de sa vie, règne sur un gynécée. Un lourd secret plane sur les lieux et les gens : sa dernière épouse, mère de Sara, l’héroïne / témoin / narratrice du récit, a quitté le maître des lieux, son mari, et « la grande maison », qu’on aurait baptisée « le château » comme dans le Bordelais, si les mûriers étaient des vignes. Sara, toute en intériorité, la fille du secret, est en quête du secret de ses origines. « Ta mère est partie à la recherche de son âme », lui répète-t-on sans cesse pour toute réponse. L’âme de cette mère invisible est en errance, telle celle d’une chamane. Mais l’âme de Sara, son être, son devenir partent en une quête, avec une immense solitude comme seule compagne, dans un monde du silence, un labyrinthe de signes fugaces. Qui était ma mère ? Vit-elle ? Où, comment l’atteindre ? Toute la temporalité, tout l’imaginaire de Sara en sont investis. Continuer la lecture de Ombres libanaises

Les Phéniciens à l’Institut du monde arabe

Quant à Homère, il en parle comme de « commerçants audacieux, retors, parfois brigands »!

C’est qu’ils savaient tout faire, exporter le cèdre ou le blé de chez eux, aller chercher des matières premières dans les autres contrées, les transformer en objets de luxe – ivoires, verreries, coupes d’argent, etc. – qu’ils vendaient ou échangeaient contre d’autres objets, qu’ils vendaient encore ailleurs.

Ils ont créé un « lien très fort entre les populations, par cette mobilité dans toute la Méditerranée, ce brassage d’idées, qui est très moderne », dit Mme Fontan. Quant à eux, ils empruntent « un peu à tout le monde, et réadaptent », dit-elle.

L’exposition montre ainsi des statuettes à l’allure totalement égyptienne, mais à inscription phénicienne, ou marquées de hiéroglyphes « qui ne veulent rien dire mais gravées parce que c’est joli ».

A contrario, ils exportent des motifs très orientaux, comme leur dieu combattant au bras levé, que l’on retrouve à Chypre, en Sardaigne ou en Espagne, leur déesse Astarté ou le dieu Milqart qui deviendra Hercule.

Le « tophet », sanctuaire à ciel ouvert à qui un espace est consacré, est en revanche un mystère totalement phénicien. Des jarres contenant des restes de nouveaux-nés ont été retrouvées dans ces zones sacrées, à Carthage et à Chypre notamment. Pour certains historiens, les Phéniciens étaient un peuple cruel qui sacrifiait aux dieux les premiers nés du couple. Pour d’autres, il s’agit simplement d’enfants morts-nés. L’exposition ne prend pas parti.

Les « Phéniciens ne sont connus que par des sources extérieures, la Bible, les textes assyriens, Homère », dit la conservatrice du Louvre, et n’ont laissé que « très peu de textes et aucun texte littéraire ».

Ils ont pourtant, si ce n’est inventé, du moins « mis au point » l’alphabet, de 22 consonnes, qui pouvaient s’adapter à toutes les langues. Une salle évoque l’abbé Barthélemy, qui a déchiffré le phénicien en 1758, grâce à une double inscription en grec et phénicien.

(IMA, tlj sauf le lundi de 10h00 à 18h00, week-ends et jours fériés jusqu’à 19h00. Jeudi jusqu’à 21h30. Entrée : 10,5 euros, TR : 8,5 ou 6,5 euros)

Le Hezbollah lance son propre jeu vidéo

Le Hezbollah (trad : parti de Dieu) est une organisation politique et paramilitaire chiite libanaise créée en 1982 en réaction à l’invasion israélienne et qui s’appuye sur un financement majoritairement iranien et syrien.

Mouvement résistant pour les uns, mouvement terroriste pour les autres, aujourd’hui, le Hezbollah devient un mouvement virtuel en lançant son propre jeu vidéo : Special Force 2: Tale of the Truthful Pledge.

Le jeu vous place dans la peau d’un soldat du Hezbollah qui combat les troupes israéliennes lors de la dernière guerre du Liban.

« En occident, vous avez des jeux dans lesquels les arabes sont montrés comme des terroristes. » explique Bilal, qui tient un magasin de jeux vidéo au Liban. « Ici, nous disons qu’ils luttent contre l’occupation. »

Le premier Special Force, lancé en 2003, se déroulait déjà au Liban, comptant d’anciens affrontements. Sur la pochette, on pouvait lire « Les développeurs de Special Force sont très fiers de vous offrir à travers ce produit la possibilité de prendre part objectivement à la défaite israélienne et aux actions héroïques menées par les héros de la résistance islamique au Liban ».

Special Force 2: Tale of the Truthful Pledge

Ce nouvel opus fait la part belle aux batailles menées à Bint Jbeil à Maroun al Ras.

« Dans le jeu, vous pouvez prendre part à la victoire en combattant, résistant et détruisant les tanks Merkava ennemis. » explique un membre du Hezbollah. « Le jeu comprend des combats qui ont eu lieu au Sud Liban en juillet de l’année passée. Il offre également un entraînement mental et personnel aux joueurs. »

Le jeu est jouable en arabe, en anglais, en français et en farsi. Il est exclusivement distribué, pour le moment, dans le musée du Hezbollah.

Source : PCinpact

Interview de Nadine Labaki

Caramel

 

Cet institut de beauté représente donc ce lieu de liberté
que les femmes libanaises recherchent ?

Ce n’est pas le seul… Le Liban est un pays où la femme est tout de même
libre mais cet institut de beauté est un lieu où l’on trouve beaucoup d’espoir,
où l’on vient se faire belle et dont on ressort plus épanouie. Le coté physique
est très important. Ce n’est pas de la superficialité mais comme toutes les
femmes, on ressent ce besoin d’être belle. C’est un endroit où l’on se sent en
confiance. On se livre plus facilement à la femme qui connaît tous les défauts
de votre corps, de votre peau. Elle nous voit telle que l’on est réellement. Il
y a toujours ce sentiment de proximité et d’intimité qui me fascine. Et qui
fascine les hommes également … C’est un lieu interdit pour eux et ils
aimeraient savoir ce qu’il s’y passe.

Caramel

Vous faites entrer un seul homme dans l’institut de beauté, le personnage du
policier qui tombe amoureux de votre personnage Layale.
Oui, c’est un homme très courageux que je fais entrer…Il fait un grand pas par
amour pour Layale, c’est un acte véritablement héroïque !

Oui, c’est un homme très courageux que je fais entrer…Il fait un grand pas par amour pour Layale, c’est un acte véritablement héroïque !

Vous avez fait appel à des comédiennes
non-professionnelles alors que c’est votre premier long-métrage, vous ressentiez
ce besoin de travailler avec des gens qui n’étaient pas du métier ?

Oui, je n’avais pas envie de créer des rôles de composition.
Je ne voulais pas que des acteurs viennent incarner des rôles. Je voulais des
personnalités étant les mêmes dans la vie que dans le film. C’est un film où
les personnages existent, où ils sont vrais. Ils ne jouent pas ! Même si leur
vie n’est pas identique, c’est dans leur manière d’être, de parler ou de
marcher qu’ils sont vrais. J’avais cette envie d’essayer autre chose, de réaliser
un film proche du documentaire. C’est évidemment une fiction mais jouée de
manière très vraie… Il y a ainsi beaucoup d’instants d’improvisation, des
séquences qui n’étaient pas écrites et qui sont restées au montage final. Des
scènes qui sont sorties par magie… Les comédiens du film n’ont jamais joué de
leur vie donc ils n’ont pas cette discipline que peut avoir un acteur
chevronné. Je les mettais simplement en situation, je les laissais vivre et
comme je jouais également, je pouvais aiguiller quelque peu …

Caramel

Le film est une production française. Est-il difficile,
encore aujourd’hui, de produire un film au Liban ?

Il n’y a pas de système établi au Liban. On sort de
l’université avec l’envie de réaliser des films mais malheureusement il n’y a
aucunes structures derrière. Chacun construit son expérience aves ses propres
moyens… De mon coté j’ai beaucoup expérimenté en faisant plein de choses très
différentes dans les clips que j’ai réalisé : de la comédie, des drames, des
films d’action… Un vrai laboratoire expérimental. Je me suis testée et je me
suis servi de ces mini-films pour créer de vraies histoires. J’ai beaucoup
appris, j’ai réalisé mes erreurs et j’ai surtout réalisé que je souhaitais
avant tout traiter de la femme libanaise… En regardant mon travail, je réalise
que j’ai toujours voulu créer une image de femme épanouie, qui n’a pas peur du
regard de l’autre. Une femme libre, drôle, sympathique mais spontanée, surtout
spontanée !

En tant que femme, vous avez également tendance à créer
dans votre film des figures masculines idéalisées…

Oui, je crois que ça correspond à une envie très
particulière, un fantasme peut-être… Le fantasme de l’homme tel que moi je
l’imagine : sensible, courageux et qui a le goût du détail. Par exemple quand
Youssef entre dans l’institut, il ne regarde pas les seins de Layale mais sa
main et les détails de sa peau. J’aime retrouver cet aspect sensible chez les
hommes…

Caramel

Vous semblez vouloir donner une véritable identité
visuelle à votre film. La photographie est superbe et joue magnifiquement bien
avec les couleurs… Il y a également ces motifs floraux, les tissus, les
vêtements, tout est très travaillé. Quelles ont été vos inspirations ?

Je me suis surtout inspirée de Beyrouth, des petits
instituts de beauté des années 1970 qui existent toujours et qui sont
totalement figées dans le passé. On sent le temps qui a usé, on voit quelques
éléments modernes qui viennent s’ajouter mais toujours avec cette impression
que le papier-peint, les fauteuils, les accessoires ont vécu et ont des histoires
à raconter…

C’est important pour vous de montrer une image chaude et
paisible de Beyrouth ?
Oui, car Beyrouth c’est aussi ça… Ca n’est pas seulement cette image grise
que les gens ont. Presque en noir et blanc d’ailleurs. J’avais envie de montrer
un autre coté qui est tout aussi vrai que l’aspect sombre et chaotique de la
guerre. Beyrouth regorge de gens qui ont envie de vivre, qui sont chaleureux,
colorés…couleur caramel. Ils sont comme ça les libanais ! En dehors de la
guerre, ils sont cette profonde envie de vivre.

Vous avez tourné le film avant les événements de l’été 2006 et vous vous
êtes posé la question de savoir si votre film avait encore une raison
d’exister… Qu’est ce qui vous a poussé à continuer ?
J’ai pris un certain temps pour comprendre ce que j’étais en train de faire
finalement. Je suis passée par des moments de profonde culpabilité lors du
montage. Le pays était en feu et moi je faisais un film coloré ! Je me suis
demandé en quoi j’aidais mon pays et mon peuple et quelle était ma mission en
tant que cinéaste. Avec le recul, je me suis rendu compte que c’était ma
manière de montrer autre chose et de me révolter contre les évènements. J’ai
dédié le film à « Mon Beyrouth », au Beyrouth que j’aime, comme j’ai envie
qu’il soit et qui ne souffre pas … J’ai voulu raconter les histoires que j’ai
entendu de mes amies, ma famille. Des gens qui vivent et font Beyrouth. Des
histoires d’amour comme des histoires plus dures aussi…

Caramel

Il y a d’ailleurs dans le film cette tendance à dédramatiser les situations,
à parler de choses graves avec toujours ce second degré. L’humour joue un rôle
important pour la femme libanaise ?
Je crois que les libanais ont appris à rire de leurs malheurs pour pouvoir
vivre…Sinon on se noie dans une existence souvent sombre. C’est aussi une
nature, j’aime ce mélange des genres et il n ‘y a rien de plus touchant que de
rire des ses malheurs ! C’est une affinité personnelle…

Vous étiez au Liban la semaine dernière pour la sortie de
Caramel. Quelles ont été les réactions ?
Des réactions très positives… d’hommes comme de femmes. Beaucoup d’hommes
sont venus me dire qu’ils se retrouvaient dans ces femmes, dans les situations.
J’espère que le film ne restera pas un film réservé aux femmes car les hommes
peuvent y apprendre beaucoup, notamment sur les petits détails de nos vies
qu’ils ne voient pas ou ne comprennent pas forcément. J’espère que ca va
attirer l’attention des hommes sur des situations particulières que l’on vit et
qui les dépassent parfois…

Caramel

L’affiche du film est particulièrement réussie. Vous avez personnellement
participé à son élaboration ?
Cette femme de dos représente toutes ces femmes qui regardent l’avenir et
la vie à travers des rideaux fermés. Elles épient, il y a cette idée de
projection, de regarder avec une certaine retenue l’espoir et la vie qui se
déroulent à travers la fenêtre.

Caramel, film libanais

Caramel

Présentation

 
Un film de et avec Nadine Labaki
Avec aussi Yasmine Al Masri, Joanna Moukarzel, Gisèle Aouad
Durée : 1h36
Date de sortie : 15 août 2007
www.caramel-lefilm.com/

 

Synopsis

A Beyrouth, cinq femmes se croisent régulièrement dans un institut de beauté. Layale est la maîtresse d’un homme marié. Nisrine est musulmane et va bientôt se marier, mais n’est plus vierge. Rima est tourmentée par son attirance pour les femmes, alors que Jamale est obsédée par son âge et que Rose sacrifie sa vie pour s’occuper de sa soeur âgée…

 

Critique

Retrouvez l’original de cette critique sur dvdrama.com

Le caramel est utilisé en Orient comme pâte épilatoire. Du sucre, du citron, un peu d’eau : cela suffit à donner un mélange doux, fondant, sucré mais qui, parfois, brûle et fait mal. L’oeuvre de Nadine Labaki, c’est tout ça. Une flatterie pour les yeux, un film de femme bouleversant et une très jolie, et très simple, comédie… Un caramel croquant au départ qui se met à fondre délicatement.

Caramel

La jeune création libanaise est aujourd’hui en plein essor : les films de fiction (courts et longs) se multiplient, les documentaires fleurissent… Tourné avant la guerre qui a éclaté l’été dernier, Caramel témoigne de la volonté d’une génération à raconter de nouvelles choses, en s’éloignant des tableaux de la violence. Nadine Labaki réalise une oeuvre qui, loin des sentiers peu glorieux des conflits, se contente de parler de choses simples. De femmes, de l’amour et de l’amitié. Et il faut l’admettre, cela faisait longtemps que nous n’avions pas vu un aussi beau film sur la gente féminine… Si les situations sont propres aux mères, filles ou jeunes libanaises, les thèmes évoqués sont universels. Le carcan du puritanisme de la société libanaise, s’il est bien présent et source d’ennuis pour les femmes, est cependant tourné en dérision. Comme une arme, Nadine Labaki, utilise un humour parfaitement dosé et toujours pertinent afin de mieux se défendre face aux attaques de la guerre et des régimes politiques.

Caramel

Le salon de beauté, décor principal du film, enveloppe littéralement les acteurs. Le soin méticuleux accordé aux couleurs, aux textures ou à la lumière a pour but, non dissimulé, de carresser la rétine du spectateur. De ce côté-là, Nadine Labaki réalise le miracle de mettre en scène un long métrage où chaque plan, chaque lieu et chaque costume est une véritable peinture. Les couleurs complémentaires sont explosées, les motifs à fleurs célébrés et cette lumière brune, comme un soleil fondant au caramel, est un sucre délicieux qui magnifie la splendeur des actrices…

Caramel

Non professionnelles, les comédiennes du film sont criantes de vérité et déconcertantes de beauté. Chaque regard, chaque bouche, mêche de cheveux ou décolleté est une arme de destruction massive, mais pourtant, malgré cette sublimation du corps féminin (et plus particulièrement du visage …), ce sont les caractères qui priment, les déceptions de l’une, les peurs de l’autre … Loin de l’objet de fantasme, la femme est ici maîtresse de son corps et affirme sa volonté de liberté. Cependant, sorties du microsome du salon de beauté, ces femmes perdent de leur confiance et doivent se plier à des rêgles qui les obligent à ruser. Comme dans cette belle séquence où Layale cherche un hotêl pour passer un moment avec son amant et où on lui demande de prouver qu’elle est mariée…

Caramel

Sublime portrait, léger, sucré et parfois plus dur et corsé, Caramel est un très beau premier long métrage. Un coup de coeur estival et une agréable caresse, loin des clichés et des sombres conflits, à la fois drôle et émouvant. Si vous devez succomber à une sucrerie cet été, ce sera du caramel, croyez-moi.

Kevin Dutot

dvdrama.com

Le Liban représenté au Festival de Cannes

Le Liban sera bien présent au Festival de Cannes 2007 lors de la 39ème Quinzaine
Des Realisateurs dans la sélection « Tous les cinémas du Monde », le 21 Mai 2007.

Deux longs metrages seront presentés :
Caramel de Nadine Labaki et Un Homme Perdu de Danielle Arbid

Caramel
Premier film de Nadine Labaki
Avec : Nadine Labaki, Joanna Moukarzel, Siham Haddad, Yasmine el Masri et
Gisèle Aouad

A Beyrouth, cinq femmes se croisent dans un institut de beauté, microcosme coloré
où plusieurs générations se rencontrent, se parlent et se confient.
Layale est la maîtresse d'un homme marié. Elle espère encore qu'il va quitter sa
femme.
Nisrine est musulmane et va bientôt se marier. Mais elle n'est plus vierge et s'inquiète
de la réaction de son fiancé.
Rima est tourmentée par son attirance pour les femmes, en particulier cette cliente
qui revient souvent se faire coiffer.
Jamale est obsédée par son âge et son physique.
Et Rose a sacrifié sa vie pour s'occuper de sa soeur âgée.
Au salon, les hommes, les femmes, le sexe et la maternité sont au coeur de leurs
conversations intimes et libérées.

Un Homme Perdu
film de Danielle Arbid
Avec Alexander Siddiq et Melville Poupaud

Thomas Koyré, photographe français, parcourt le monde ? la recherche d'expériences
extrêmes. Son chemin croise celui de Fouad Saleh, un homme étrange, ? la mémoire
défaillante. Le français va tenter de découvrir son histoire et de tracer avec lui
un bout de chemin au cœur d’un Orient sulfureux et secret. Il en sortira changé
? jamais.

Une occasion pour attirer l'attention du monde entier sur un pays meurtri par
les conflits et les dissensions, et qui milite pour préserver sa culture
? travers ses artistes.
Une grande soirée libanaise sous le patronnage du ministère du tourisme, organisée
par la Fondation Liban-cinéma et l'office du tourisme du Liban ? Paris couronnera
la présence libanaise au 60ème festival de Cannes le Lundi 21 Mai.


Prix France-Liban remis ? Georgia Makhlouf

Elle est également l’auteur de plusieurs publications dont Éclats de mémoire, Beyrouth, fragments d’enfance (éditions Al-Manar-Méditerranée, 2005), un kaléidoscope d’images et de sensations, de joie et de tristesse, de rêves et de frayeurs, de douleurs et d’espoirs. Où transparaît la nostalgie d’une ville, d’un Beyrouth d’avant-guerre, d’avant l’exil.

Le prix qu’elle reçoit aujourd’hui revêt une signification bien particulière.

En tant qu’auteur confirmée, elle se sent désormais concernée par le manifeste de quarante-quatre écrivains en faveur d’une langue française qui serait «libérée de son pacte exclusif avec la nation», publié il y a une semaine dans Le Monde des livres (supplément littéraire du journal Le Monde). «Ce manifeste fait le constat d’une littérature en langue française dont la France a cessé d’être le centre et qui est désormais partout, aux quatre coins du monde, le constat d’une fin de la francophonie et de la naissance d’une littérature-monde en français», précise Makhlouf. Et d’en tirer une citation: «Soyons clairs, dit le manifeste, l’émergence d’une littérature-monde en langue française consciemment affirmée, ouverte sur le monde, transnationale, signe l’acte de décès de la francophonie. Personne ne parle le francophone ni n’écrit en francophone. La francophonie est de la lumière d’étoile morte.»

Ce texte marque la fin de la francophonie et le début d’une renaissance, d’une effervescence créatrice, d’un dialogue dans un vaste ensemble polyphonique, entre les littératures de langue française de par le monde.

«Signé entre autres par les Libanais Amin Maalouf et Wajdi Mouawad, explique l’auteur, il résonne pour moi de façon très forte, et si modeste que soit pour l’instant ma contribution ? cette littérature-monde, j’ai le sentiment de participer ? ce dialogue des cultures et des langues, ? ce mouvement de réappropriation et d’enrichissement de la langue par le biais de la diversité des expériences culturelles, historiques et géographiques dont la littérature permet de rendre compte.»

Nadia Tuéni disait déj? qu’elle écrivait l’arabe en français. Georgia Makhlouf croit qu’aujourd’hui on écrit le créole, le berbère, le tchèque et… le libanais en français. Et que «chacune de ces aventures littéraires enrichit le français de nouvelles musiques et élargit encore davantage les horizons de cette langue.»
Beyrouth, éclats de mémoire

Concernant son dernier ouvrage, qui a attiré l’attention du jury, elle rappelle que son travail a consisté ? aller vers ce qui lui paraissait être le plus profondément enfoui, donc le plus intime, dans la mémoire. « Vers une mémoire des sensations et non des événements, proche de l’indicible, et qu’il s’agissait justement de dire, par un travail au plus près des mots, dit-elle. Ce qui m’a le plus touchée, c’est la façon dont la vérité de ce livre a rencontré les expériences singulières de personnes qui me paraissaient très différentes de moi, étrangères ? mon univers. Et néanmoins, ces personnes se “reconnaissaient”. Davantage sans doute par le biais de ce que l’écriture est capable de provoquer en eux, ce même mouvement de retour vers une mémoire ancienne, que dans le détail précis de ce qui est raconté. »

Makhlouf croit également que ceux qui ont aimé son livre ont apprécié l’esthétique de l’écriture fragmentaire, avec son travail sur les blancs, les silences, l’épure.
Ses projets d’écriture ? Plusieurs chantiers sont en cours en ce moment, reconnaît-elle. Et de citer un texte de réflexion autour des Phéniciens et qui sera publié parallèlement ? l’exposition qui va se tenir ? l’Institut du monde arabe sur Les Phéniciens et la Méditerranée. Un recueil de nouvelles. « Une fiction inspirée de la vie de mon grand-père paternel que je n’ai jamais connu, mais dont l’exil en Haïti a été un des thèmes qui ont “ hanté” mon enfance sous forme de rêves et d’ interrogations. »

Et l’envie aussi de revenir vers des choses plus ludiques et plus légères via la littérature jeunesse.
« En fait, ce prix m’a aidé ? décider que l’écriture devait légitimement trouver une place plus importante dans ma vie », conclut-elle.

Source : Libanvision

Le Liban représenté ? question pour un champion

Lundi 12 mars ? 20h50 : dix pays s’invitent ? Question pour un champion

Depuis quinze ans, Question pour un champion organise la prestigieuse compétition
« Langue française ». Quarante candidats venus du monde entier vont se disputer
de manière fraternelle la Vénus au livre. Pour cette nouvelle édition, Monsieur
Abdou Diouf, Secrétaire général de l’Organisation Internationale de la Francophonie,
est venu encourager les dix candidats finalistes des dix pays en compétition : le
Bénin, l’Algérie, le Canada, la Russie, l’Espagne, le Gabon, l’Inde, l’Irlande,
Cuba et le Liban.

Plus de 2000 candidatures ? travers le monde
Quarante candidats ont été sélectionnés aux quatre coins du monde par nos sélectionneurs.
Des milliers de kilomètres ont été parcourus par nos équipes afin de sélectionner
les meilleurs candidats, ceux qui ont ? cœur de défendre ce qui leur est cher :
la langue française. Pour les 40 candidats chanceux, c’est une semaine entière ?
Paris qui leur est offerte. Et la Production a voulu leur réserver le meilleur des
accueils en leur faisant découvrir tous les charmes de la « Ville Lumière » : soirée
au Lido, visite de Versailles et du musée d’Orsay, dîner sur la Seine…

Une nouveauté : un orchestre sera présent pour fêter ce rendez-vous unique
dédiée ? la francophonie

Pour la première fois, la Production a invité un orchestre de 6 musiciens afin de
faire de ce rendez-vous incontournable de l’année une véritable fête. L’orchestre
interprètera des musiques du monde. Une ambiance que vous pourrez partager lors
de l’émission Spéciale « Langue française » diffusée le lundi 12 mars ? 20h50 sur
France 3.


Cliquez ici pour accéder au site
de la semaine de la langue française

Beyrouth, XXIe siècle



La pensée de midi n° 20:
"Beyrouth, XXIe siècle"
revue littéraire et de débat d'idées

Parution le 2 mars 2007

Dossier coordonné par Mohamed Kacimi

Que se passe-t-il ? Beyrouth ?
Notre imaginaire est saturé par des images de violence et de guerre, par les
attentats d'hier et d'aujourd'hui, par les images heureuses du printemps de Beyrouth
qui contrastent avec les images de bombardements et de destructions de l'été 2006,
suite aux attaques de l'armée israélienne.

Beyrouth XXIe siècle, un dossier pour découvrir et comprendre ce qui survit,
se crée et s'invente dans cette ville de toutes les résurrections.

Mais que savons-nous véritablement de Beyrouth ?
La pensée de midi a choisi de donner la parole ? une nouvelle génération d'auteurs,
des écrivains, des journalistes ou des cinéastes, profondément impliqués dans le
devenir de cette ville aux multiples visages.

Le portrait de Beyrouth qui apparaît dans ce numéro est réellement inédit. Loin
des clichés et des images toutes faites, ces textes nous donnent ? vivre, ? aimer
et parfois ? détester une ville ? la fois désespérante et qui suscite tant d'espoirs…

Une revue est un lieu de découvertes, ? la fois d'auteurs et de façons d'aborder
les choses : d'un aperçu inattendu de la banlieue sud de la ville, des paroles de
femmes dans un salon de beauté, des déambulations nocturnes, de café en café, de
la scène musicale, théâtrale, picturale ou cinématographique, de ce qui se joue
sur la place des Martyrs ou dans la façon de conduire, des paroles de femmes aux
désirs enfin exprimés, sans oublier les jeux de mots et de langues, et les marginalisés
de l'histoire que sont toujours les Palestiniens qui vivent dans Beyrouth.

Visiter le site

Bosta – Un film libanais


Bosta

Bosta est un film libanais qui raconte l’histoire de sept vieux amis de classe, qui se retrouvent, après une coupure d’une quinzaine d’année pour parcourir le Liban, dans un vieux car d’école, repeint comme une plaie que l’on panse. Les sept jeunes gens font leur périple dans leurs villages pour faire ce qu’ils ont toujours fait : danser. Ce qu’ils tentent d’imposer est un mélange de danse traditionnelle – la dabké – et de rythme techno. Un mixe un peu hybride qui représente assez cette génération qui a grandi trop vite. Tentative de moderniser le passé dans un monde qui a perdu ses repères.

Avant première le 6 février 2007 au profit de la croix rouge libanaise, au palais de l’Unesco, salle 1, ? 20h.

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