Nous, Juifs contre les frappes d’Israël
Publié par Liban Live - Actualité du Liban le 9 août 2006 à 17:00 -
Par Raymond AUBRAC, Rony BRAUMAN, Rachel CHOUKROUN,
Stéphane HESSEL, Marcel-Francis KAHN
Nouvel observateur du Mercredi 9 août 2006 -
06:00
Voici vingt-quatre ans, Israël lançait au Liban l'opération «Paix en Galilée»,
qui allait, par les bombardements terrestres et aériens, faire des centaines
de victimes civiles et qui devait aussi, du fait de l'appui apporté par
Israël ? ses supplétifs libanais, conduire aux massacres de Sabra et Chatila.
C'est alors que, grâce ? l'initiative de Pierre Vidal-Naquet notamment ,
fut lancé un appel de cent intellectuels juifs qui se désolidarisaient des
soutiens inconditionnels ? l'opération menée par Sharon et la condamnaient.
Après les massacres, un rassemblement devant l'ambassade d'Israël fut organisé
par le Comité des Juifs contre la guerre au Liban pour exprimer sa colère.
Vingt-quatre ans plus tard, les successeurs de Sharon ont pris la relève.
Ils lancent sur le Liban des attaques meurtrières comme celle de Cana, où
les victimes sont surtout des femmes et des enfants comme ce fut le cas
dix ans plus tôt au même endroit.
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Chronique d’Issa Goraieb (journaliste pour le quotidien libanais l’Orient le Jour)
Publié par Liban Live - Actualité du Liban le 9 août 2006 à 12:17 -
Tzipi Livni, qui presse Fouad Siniora de sécher ses larmes et de commencer ? agir, ferait bien de garder pour elle sa fausse compassion : laquelle n’est en réalité que très authentique cynisme, agrémenté d’une sérieuse dose de stupidité. Ces larmes-l? , le gouvernement assassin dont elle fait partie était-il seulement capable de les comprendre, d’ailleurs ?
Car elles n’exprimaient pas seulement en effet la détresse des populations terrorisées, martyrisées, de Palestine et du Liban : frustes cris de douleur pure qui n’ont jamais retenu ne serait-ce que l’attention d’Israël. Elles coulaient de plus loin encore, ces larmes de rage impuissante que n’a pu réprimer le Premier ministre libanais alors qu’il s’adressait lundi au sous-sommet arabe réuni d’urgence ? Beyrouth : rage contre le colossal gâchis provoqué par l’aventure et dont il faut maintenant tirer toutes les leçons, rage contre l’entreprise de destruction scientifique lancée contre le modèle libanais, rage contre les puissances qui ont laissé faire. Mais rage aussi contre les leçons d’arabisme que d’aucuns s’obstinent ? administrer au pays arabe qui aura le plus donné pour la cause commune ; rage contre la collusion objective entre invasions des uns et tutelles des autres ; rage contre tous ces joueurs régionaux qui de notre pays ont fait une commode arène, et qui se jouent finalement du sang des Libanais. Pathétique, c’est bien vrai, mais ? aucun moment pitoyable était cet extraordinaire Fouad Siniora que l’on voit se démener comme nul autre pour sauver le pays. Et qui, en sus de l’estime que lui portaient les Libanais, vient de s’assurer leur affection émue. Émue, eh oui, Madame Livni.
Par deux fois ce lundi-l? , le chef du gouvernement s’est montré ? la hauteur de l’évènement. D’une part en effet, les États arabes sont sortis de leur longue léthargie pour endosser ? l’unanimité son plan en sept points pour le règlement de la crise. Depuis hier, une délégation express de la Ligue défend les amendements du projet de résolution franco-américain réclamés par Beyrouth et les exigences libanaises n’en acquièrent que plus de poids aux yeux des puissances occidentales, quand s’y associent des alliés aussi précieux que l’Égypte et l’Arabie saoudite. De son côté, la Russie, hier encore favorable au projet franco-US, s’est ravisée de la plus explicite des manières.
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Chronique de Robert Fisk (grand reporter pour le journal britannique The Independent)
Publié par Liban Live - Actualité du Liban le 6 août 2006 à 16:48 -
Une terrible pensée me vient ? l’esprit : "qu’il y aura un autre 11 septembre"
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La pièce a tremblé. Mon appartement ne s’était pas balancé ainsi
depuis le tremblement de terre de 1983. C’était la force des explosions israéliennes,
hier matin, dans les quartiers sud de Beyrouth - ? 5 kilomètres de chez moi
- et la pression de l’air a changé dans la maison et dehors, dans la rue, les
palmiers ont bougé.
Cela va-t-il être ainsi tous les jours ? Combien de civils pouvez-vous
jeter ? la rue avant que la révolution ne commence ? Et qu’y aura-t-il après
? Les Israéliens vont-ils bombarder le centre de Beyrouth ? La Corniche ? Est-ce
la raison pour laquelle tous les bâtiments de guerre étrangers sont venus chercher
leurs ressortissants, pour que Beyrouth puisse être tranquillement détruite
?
Hier, il est inutile de le dire, a eu lieu une nouvelle journée
de massacres, des grands et des petits. Il semble que le plus grand ait été
[le massacre] de 40 employés agricoles au nord du Liban, dont quelques Kurdes
- un peuple qui n’a même pas de pays. Il a été rapporté qu’un missile israélien
a explosé au milieu d’eux alors qu’ils chargeaient des légumes dans un camion
frigorifique, près d’Al-Qaa, un petit village ? l’est de Hermel, tout en haut
dans le nord.
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Chronique d’Alain Gresh (Rédacteur en chef du Monde Diplomatique)
Publié par Liban Live - Actualité du Liban le 24 juillet 2006 à 00:58 -
Il faut rappeler que l’agression d’Israël contre le Liban s’accompagne d’une agression contre les Palestiniens ? Gaza qui a commencé fin juin. Les deux sont liées et font partie de plans israéliens beaucoup plus vastes. Israël, avec l’accord de ce qu’on appelle la communauté internationale, c’est-? -dire les États-Unis plus l’Union européenne et la France estime que le moment est venu de changer les règles du jeu dans la région en se débarrassant de ceux qui gênent sa politique. C’est une vision tout ? fait conforme ? celle des néoconservateurs américains : ils pensent que le moment est venu de redessiner la carte du Proche-Orient en se débarrassant de l’Iran et de la Syrie.
Le Liban se trouve être un enjeu parce que c’est un pays frontalier d’Israël et la Syrie. Mais aussi parce que cela fait longtemps qu’Israël cherche ? lui imposer un traité de paix séparé. C’était déj? le cas lors de l’invasion de 1982, où il s’agissait de chasser l’OLP et d’imposer un traité qui a d’ailleurs été conclu en 1983 mais n’a pas tenu.
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