Violents combats à Gaza, des roquettes tirées depuis le Liban

Char israélien le 7 janvier 2009 au sud de la frontière de la bande de Gaza

GAZA (AFP) — Des roquettes tirées du Liban se sont abattues jeudi dans le nord d’Israël en apparente riposte à l’offensive israélienne à Gaza où des violents combats opposaient l’armée israélienne à des activistes palestiniens, le bilan des morts ayant franchi la barre de 700.

Un émissaire israélien s’est parallèlement rendu en Egypte pour discuter d’une proposition de trêve du président Hosni Moubarak.

Trois roquettes Katioucha tirées depuis le Liban sont tombées dans l’ouest de la Galilée, dans le secteur de la ville de Nahariya et du kibboutz Kabri, blessant légèrement deux femmes, selon un dernier bilan. L’armée israélienne a tiré en riposte plusieurs obus en direction du Liban, a indiqué un porte-parole militaire. Suite à cette attaque, les habitants du nord d’Israël ont été appelés à rester près de pièces protégées de logements et les écoles ont été fermées à Nahariya.

Les tirs n’ont pas été revendiqués, mais selon des sources militaires israéliennes ils seraient le fait de groupes palestiniens réagissant à l’offensive à Gaza. Israël a relativisé la portée de cette attaque dans un souci de ne pas ouvrir un second front.

Le Hezbollah chiite libanais, dont le chef Hassan Nasrallah s’était dit prêt à toute nouvelle guerre avec Israël, a indiqué « vérifier l’information ».

Dans la bande de Gaza, où l’offensive israélienne est entrée dans son 13ème jour, des violents accrochages ont opposé des combattants palestiniens aux troupes israéliennes notamment dans les secteurs de Beit Lahya et Jabaliya, dans le nord du territoire.

Quatre activistes du Jihad islamique ont été tués par des obus de chars et raids de l’aviation dans le secteur, selon des sources médicales. Une femme de 40 ans a été tuée et dix autres personnes blessés dans un autre raid à Beit Lahya. Des combats ont également été signalés dans le sud de la bande de Gaza dans le secteur de Kissoufim, un point de passage entre le territoire palestinien et Israël.

Toujours dans le sud de la bande de Gaza, l’armée israélienne a mené dans la nuit une série de raids contre des tunnels de contrebande à Rafah à la frontière avec l’Egypte.

Dix-huit maisons palestiniennes ont été détruites ou endommagées alors que des centaines de familles ont fui le secteur après avoir été sommé de le faire dans des tracts largués par l’armée israélienne.

Sur le front diplomatique, deux émissaires d’Israël devaient discuter jeudi au Caire de propositions de cessez-le-feu du président égyptien Moubarak, en coordination avec son homologue français Nicolas Sarkozy.

Ce plan prévoit notamment « un cessez-le-feu immédiat pour une période limitée » afin de permettre l’ouverture de couloirs humanitaires, la poursuite des efforts égyptiens en vue d’une trêve permanente et des arrangements pour sécuriser les frontières de la bande de Gaza avant leur éventuelle réouverture. Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Ahmed Aboul Gheit, a déclaré au journal panarabe Al-Hayat souhaiter parvenir à un cessez-le-feu dans la bande de Gaza dans les trois prochains jours.

Le Hamas a quant à lui fait part de ses « réserves », jugeant que le plan égyptien ne devait pas être considéré comme « un tout à prendre ou à laisser ».

A New York, les tractations se sont prolongées entre ministres des Affaires étrangères américain, français et britannique et leurs homologues arabes pour tenter de soumettre un texte consensuel au vote du Conseil de sécurité.

Israël a interrompu ses bombardements sur Gaza-ville pendant trois heures mercredi pour permettre à la population de se ravitailler et a promis d’en faire autant jeudi.

Les agences humanitaires ont dénoncé une crise « totale » dans ce territoire pauvre et surpeuplé, qui manque de denrées alimentaires, de carburant, d’eau courante et souffre de coupures d’électricité. L’organisation des défense des droits de l’Homme, Human Rights Watch, a réclamé la création d’une commission d’enquête de l’ONU après la mort mardi d’une cinquantaine de civils réfugiés dans des écoles gérées par l’ONU à Gaza.

Le rapporteur de l’ONU sur les droits de l’Homme dans les territoires palestiniens, Richard Falk, a accusé Israël de commettre « un crime contre l’humanité » à Gaza, estimant que les responsables israéliens devaient être jugés. Ces derniers avaient affirmé que des tirs d’obus avaient été signalés dans le secteur de l’une des écoles.

Israël affirme que son offensive vise à contraindre le Hamas à mettre fin aux attaques à la roquette, qui ont tué quatre Israéliens depuis le 27 décembre. Trois roquettes ont été tirées jeudi sur le sud d’Israël, selon l’armée. L’offensive israélienne a tué au moins 704 Palestiniens, dont 220 enfants, et fait quelque 3.100 blessés, selon un bilan des services d’urgence palestiniens.

En Cisjordanie, un Palestinien a été abattu jeudi par des policiers dans une colonie de Cisjordanie alors qu’il tentait de mettre le feu à une station-service, dans un apparent geste de protestation contre l’offensive à Gaza, indiqué la police israélienne.

Une réflexion au sujet de « Violents combats à Gaza, des roquettes tirées depuis le Liban »

  1. On espère tous qu’un beau jour, les combats cesseront à Gaza et que l’on puisse vivre dans la paix. Je l’espère surtout pour nos futures générations puisque là c’est loin d’être le cas.

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