Samir Kantar, accueilli en héros dans son village, « ne regrette rien »

Samir Kantar
Samir Kantar

AABEY (AFP) — Accueilli en héros dans son village au lendemain de sa libération par Israël, Samir Kantar a affirmé jeudi ne pas regretter d’avoir mené une opération meurtrière en 1979 dans le nord de l’Etat hébreu, qui lui a valu de passer près de 30 ans dans les prisons israéliennes.

« Je ne regrette jamais mes actes », a affirmé M. Kantar à l’AFP qui lui demandait s’il ne regrettait pas d’avoir mené l’opération de Nahariya, durant laquelle trois personnes, dont une fillette, avaient été tuées en 1979.

« Au contraire, je tiens toujours à ma ligne politique », a ajouté l’ex-détenu en marge d’une cérémonie organisée pour célébrer son retour dans son village druze d’Aabey, au sud-est de Beyrouth, au lendemain d’un échange de prisonniers avec Israël.

« J’ai appris aujourd’hui que les Israéliens voulaient m’assassiner (…) Hier, au même moment j’étais entre leurs mains, mais en cet instant, j’aspire vraiment à leur faire face », a-t-il déclaré.

Un haut responsable des services de sécurité israéliens avait déclaré à l’AFP un peu plus tôt que Kantar était une « cible » pour Israël, comme « tout terroriste qui a commis un acte terroriste contre Israël ».

« S’il y a une possibilité pour Israël de régler ses comptes avec Kantar, Israël n’hésitera pas », avait-il ajouté.

Membre du Front de libération de Palestine (FLP), Kantar avait été condamné en 1980 à cinq peines de prison à vie et 47 ans additionnels pour un triple meurtre en Israël.

En 1979, âgé de seulement 17 ans, il avait conduit l’opération durant laquelle il avait tué un policier, pris en otage un civil israélien qu’il avait abattu, puis avait tué la fille de ce dernier en lui fracassant le crâne, selon la justice israélienne.

D’après ses proches, Kantar a toujours nié avoir tué la fillette, morte selon lui dans un échange de tirs.

« C’est grâce à chaque goutte de sang des résistants et du sang d’Imad Moughniyeh que je suis retourné à la maison », a-t-il affirmé.

Le Hezbollah a donné à l’échange le nom « Opération Al-Radwane », le pseudonyme de l’un de ses plus importants dirigeants militaires, Imad Moughniyeh, tué en février à Damas, un assassinat pour lequel le mouvement chiite avait accusé Israël.

« Bienvenue au doyen des prisonniers », pouvait-on lire sur des pancartes accrochées sur le chemin menant à Aabey.

Casquette blanche à l’effigie de Kantar vissée sur la tête, le leader druze Walid Joumblatt était au premier rang des personnalités présentes à la célébration, dont des ministres et des députés druzes ainsi que le ministre du Travail, Mohamed Fneich, issu du Hezbollah.

Le jeune homme de 17 ans « est différent de celui qui en a 46 mais ses expressions et son sourire sont les mêmes », a dit sa belle-mère Siham, 71 ans, qui l’a élevé comme une mère.

Un mouton a été égorgé en son honneur à son entrée dans sa maison.

Au rythme de la musique folklorique, une troupe danse la « dabké », la danse traditionnelle des pays orientaux et bat le tambour à l’arrivée de M. Kantar.

Outre M. Kantar et quatre prisonniers membres du mouvement chiite, 199 cercueils contenant les restes de combattants, notamment libanais et palestiniens, ont été remis mercredi par Israël dans le cadre de l’échange.

Leur convoi, qui a quitté jeudi matin Naqoura, dans le sud du Liban, est attendu à Beyrouth.

Sur la route, au passage des camions, des mères en larmes tentaient de toucher les caisses de bois où se trouvent peut-être les restes de leurs fils. Les cercueils ne seront remis à leurs familles qu’au terme d’une cérémonie prévue dans la banlieue sud de Beyrouth, fief du Hezbollah.

Les cercueils, enveloppés dans le drapeau libanais ou palestinien selon l’origine des défunts, avaient auparavant été déposés sur des camions décorés de fleurs.

Des milliers de réfugiés palestiniens sont sortis du camp de Rachidiyé au passage du convoi dans la ville de Tyr (sud du Liban).

Une réflexion au sujet de « Samir Kantar, accueilli en héros dans son village, « ne regrette rien » »

  1. Quelques questions depuis Paris. Comment voyez vous les saluts nazis qui ont accompagné les célébrations du retour d’un homme qui a fracassé le crane d’une petite fille de quatre ans sur les rochers après avoir exécuté son père devant elle (au fait, a-t-elle pleuré? s’est-elle plainte? a-t-elle gémi?)?
    Quelqu’un au Liban croit-il à la version de S. Kuntar qui prétend que le père à insisté pour que sa fille soit emmenée avec lui sur la plage? … !!!
    Ne pensez-vous pas que la classe politique libanaise, toute entière à genoux devant le Hezb’, s’est enfonçé dans le deshonneur en choisissant cet homme précisément pour héros (car qui est-il hors de l’abomination qu’il a commise)?
    Que dieu protège le Liban… qui a descendu une marche aujourd’hui.

Les commentaires sont fermés.