Le président libanais fixe un délai aux acteurs politiques

Michel SleimaneLe président libanais Michel Sleimane a fixé aux acteurs politiques de son pays un délai de 48 heures pour la formation du nouveau gouvernement d’union nationale, après un blocage dû notamment aux divergences sur l’attribution des portefeuilles. La déclaration du président Sleimane a été rapportée par la chaîne de télévision libanaise LBC, qui a indiqué que le président libanais avait dévoilé à une délégation diplomatique les possibilités qu’un nouveau gouvernement d’union nationale soit annoncé dans les 48 heures qui suivent. Pour Sleimane, «la formation de ce gouvernement est un pas fondamental vers le dialogue national», appelant également les acteurs politiques au pays à faciliter la formation du nouveau gouvernement. Au sein du futur gouvernement formé de 30 membres, les portefeuilles vont être répartis afin d’assurer une représentation à chaque communauté religieuse. La majorité se verra attribuer 16 portefeuilles, l’opposition 11 et bénéficiera ainsi d’une minorité de blocage. Les trois autres ministres seront nommés par Sleimane.

Le général Michel Sleimane, qui avait été élu le 25 mai à la tête du pays, a, rappelle-t-on, reconduit peu de temps après son élection Fouad Siniora au poste de Premier ministre et l’a chargé de former un nouveau gouvernement d’union nationale en application de l’accord de Doha. Le gouvernement de Siniora était devenu démissionnaire à la suite de l’élection de Michel Sleimane à la magistrature suprême du pays, mais le nouveau président libanais a préféré lui renouveler sa confiance. Fouad Siniora, en poste depuis 2005, et Saad Hariri, chef de file de la majorité, étaient les deux seuls noms qui circulaient dans les milieux politiques. Pour rappel, la question d’une minorité de blocage réclamée par l’opposition à été à l’origine de la démission en novembre 2006 des six ministres de l’opposition du gouvernement Siniora, plongeant le pays dans une grave crise politique. Cette crise avait dégénéré début mai en violences intercommunautaires, les pires depuis la guerre civile (1975-1990), faisant 65 morts et près de 200 blessés. En vertu de la Constitution libanaise, le chef de l’Etat nomme d’abord un chef de gouvernement, chargé de mener des consultations sur la composition du cabinet avec le président du Parlement, qui, lui, écoutera les propositions des députés. Mais après avoir été désigné une nouvelle fois à la tête du nouveau gouvernement sur la base de consultations parlementaires, M. Fouad Siniora a appelé les Libanais à l’union, tout en s’engageant à «former le gouvernement de tous les Libanais, le gouvernement de l’union nationale et de la consécration de la cohabitation et de la paix nationale», conformément à l’accord de Doha.

D’un autre côté, le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, a mis en garde contre les retards pris dans la formation d’un gouvernement d’union nationale au Liban, prévue par l’accord de Doha. Le chef de la Ligue arabe, basée au Caire, a souligné que le terrain restait «miné» au pays du Cèdre, malgré l’accord de Doha, et que la solution ne pouvait venir «que de l’intérieur du pays».