Nicolas Sarkozy samedi à Beyrouth, mais n’ira pas au Sud-Liban
Publié par Liban Live - Actualité du Liban le 6 juin 2008 à 13:55 -
Nicolas Sarkozy sera samedi à Beyrouth pour réaffirmer spectaculairement l’intérêt de la France dans un règlement de la crise libanaise et son soutien au nouveau chef d’Etat libanais, Michel Souleïmane.
Le chef de l’Etat français a en revanche renoncé à se rendre dans le sud du pays auprès des soldats français de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul).
Il “a souhaité que ce déplacement soit un déplacement exclusivement politique dans le cadre de l’élection de Michel Souleïmane”, a seulement fait savoir la présidence française vendredi pour justifier ce changement de programme.
L’Elysée a précisé que c’est le ministre de la Défense Hervé Morin qui irait à At Tiri voir les soldats français.
La France est le deuxième pays contributeur en troupes de la Finul, avec 1.600 soldats et 13 chars Leclerc.
Nicolas Sarkozy est le premier président non arabe à aller au Liban après l’élection du général Souleïmane le 25 mai.
Le Premier ministre François Fillon, le chef de la diplomatie, Bernard Kouchner, et les dirigeants des principaux partis français - Patrick Devedjian, Jean-François Copé et Jean-Pierre Raffarin (UMP), François Hollande (PS), Marie-George Buffet (PCF) et François Bayrou (MoDem) sont aussi du voyage.
“Il s’agit de marquer l’unité de la nation française dans ce message d’encouragement, d’amitié et d’espoir que le président souhaitait adresser à la nation libanaise”, explique l’Elysée.
L’accord interlibanais de Doha, qui a permis l’élection le 25 mai du général Souleïmane par les députés libanais après six mois de crise, est avant tout un succès diplomatique du Qatar.
Nicolas Sarkozy exhortera samedi tous les partis libanais à appliquer “totalement” et “loyalement” cet accord, qui est un “rayon d’espoir au bord du gouffre”, selon l’Elysée.
“Ce ne sera pas facile et il faudra que toutes les forces politiques libanaises fassent preuve de bonne volonté, d’esprit de concorde, d’esprit de compromis, de souplesse”, souligne l’entourage du président français.
Nicolas Sarkozy, qui arrivera d’Athènes en milieu de matinée, adressera ce message à l’ensemble des forces politiques libanaises lors d’un déjeuner au palais présidentiel de Baabda avec Michel Souleïmane et les dirigeants ou représentants des 14 partis participant au dialogue national libanais.
VOYAGE A RISQUE ?
“Ça sera un message fort adressé par toute la République française à toute la République libanaise dans toutes ses composantes, sans exception”, explique l’Elysée.
Le Hezbollah, mouvement islamiste chiite soutenu par la Syrie et l’Iran et principale force de l’opposition libanaise, sera représenté par l’ancien ministre Mohamed Raad.
Il n’est cependant pas question que Nicolas Sarkozy le rencontre séparément, pas plus que les autres dirigeants des partis libanais, explique la présidence française.
Il aura en revanche un entretien avec Michel Souleïmane “pour voir comment la France peut aider” le dialogue national, ainsi que la reconstruction de l’économie, des institutions et de l’Etat libanais, précise l’Elysée.
Le voyage de Nicolas Sarkozy s’inscrit dans la continuité de l’engagement en faveur d’un Liban souverain et stabilisé de son prédécesseur Jacques Chirac, qui était venu au Liban en 2002 pour le sommet de la francophonie et en février 2005 pour les obsèques du Premier ministre Rafic Hariri, tué dans un attentat.
Il est cependant “politiquement un peu à risque” estime un spécialiste du Proche-Orient sous couvert de l’anonymat. “Il y a des risques de dérapage : plus que dans toute autre région, c’est un endroit ou chaque mot ou absence de mot compte. Il suffit de peu de choses pour mettre le feu aux poudres.”
La Syrie, soupçonnée d’avoir bloqué des mois durant l’élection du nouveau président libanais, sera vraisemblablement très à l’écoute des déclarations du président français.
En 2007, Nicolas Sarkozy avait relancé les contacts avec Damas, ou il avait envoyé son conseiller diplomatique Jean-David Levitte et le secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant.
Faute de résultats, il avait annoncé le 30 décembre au Caire la suspension de ce dialogue. Il estime aujourd’hui que l’accord de Doha n’aurait pas été possible sans l’aval de la Syrie. Un geste suffisant à ses yeux pour qu’il reprenne contact le 29 mai par téléphone avec le président syrien Bachar al Assad.
“Nous souhaitons que la Syrie continue à apporter un concours positif et qu’elle agisse dans le sens de la mise en oeuvre loyale, totale, de l’accord de Doha”, dit l’Elysée.
Source : Reuters
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