Liban: nouvelle médiation de Moussa après un attentat antiaméricain
Publié par Liban Live - Actualité du Liban le 16 janvier 2008 à 18:14 -
Le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, tente mercredi une nouvelle et délicate médiation pour sortir le Liban de la crise politique au lendemain d’un attentat meurtrier qui a visé une voiture de l’ambassade des États-Unis près de Beyrouth.
Des mesures de sécurité draconiennes ont été mises en place sur les principaux axes routiers de la capitale où des barrages de l’armée et des Forces de la sécurité intérieure (FSI) ont été érigés filtrant la circulation et créant d’énormes embouteillages.
L’attentat a visé mardi un véhicule tout-terrain de l’ambassade des États-Unis faisant trois morts parmi des civils et 26 blessés, au nord de Beyrouth. Aucun Américain ne figure parmi les tués.
Selon les FSI, la détonation a pour origine une voiture volée qui contenait près de 20 kg de TNT.
Des enquêteurs libanais et de l’ambassade américaine se trouvaient mercredi sur les lieux de l’explosion quadrillés par les forces de sécurité.
L’ambassade américaine a affirmé dans un communiqué avoir renforcé la sécurité autour de la chancellerie et limité les mouvements de son personnel.
L’attentat a coïncidé avec une tournée du président américain George W. Bush au Moyen-Orient qui s’achève mercredi en Égypte.
Les intérêts américains ont été visés durant la guerre civile au Liban (1975-1990) par plusieurs attentats meurtriers. L’attaque antiaméricaine la plus sanglante s’est produite en 1983, avec un attentat suicide au camion piégé dans un bâtiment abritant une caserne des Marines à Beyrouth (241 soldats tués).
L’attentat de mardi est survenu la veille d’une nouvelle médiation de Amr Moussa pour tenter de sortir le Liban de la grave crise politique dans laquelle il est plongé depuis novembre 2006.
La Ligue arabe avait adopté début janvier un plan en trois étapes prévoyant l’élection «immédiate» du chef de l’armée, Michel Sleimane, à la présidence, puis la formation d’un gouvernement d’union nationale au Liban, sans président depuis le 24 novembre.
L’Iran, qui soutient l’opposition libanaise, a déclaré mercredi soutenir ce plan.
M. Moussa avait achevé samedi une première mission à Beyrouth sans avoir pu rapprocher les points de vue entre la majorité antisyrienne, appuyée par l’Occident, et l’opposition, soutenue également par Damas.
L’élection par le Parlement libanais d’un nouveau président a été reportée à douze reprises. Elle est désormais fixée au 21 janvier.
M. Moussa a estimé que l’attentat antiaméricain, condamné internationalement et localement par la majorité et l’opposition, «démontre la sensibilité de la situation au Liban et la nécessité de trouver une solution» à la crise politique. Mais l’impasse reste totale entre les deux camps.
Des sources de l’opposition, citées par le quotidien libéral à grand tirage An-Nahar, ont estimé qu’il n’y «aurait pas d’élection présidentielle avant le sommet arabe de mars 2008, prévu à Damas ou même avant les élections législatives au printemps 2009».
Pour le quotidien francophone L’Orient Le Jour, l’attentat, qui n’a pas été revendiqué, est un «message clair et multidirectionnel: aux Américains, à George W. Bush, aux capitales occidentales, aux Arabes, à l’initiative du Caire et aux Libanais eux-mêmes».
Plusieurs attentats ont visé des personnalités antisyriennes et militaires au Liban depuis 2004, le dernier en date étant l’assassinat de François el-Hajj, chef des opérations à l’armée, le 12 décembre 2007. La Syrie, qui dément, a été montrée du doigt par la majorité.
Un attentat a aussi visé le 8 janvier la Force intérimaire de l’ONU au Liban (Finul) faisant deux blessés, alors qu’un groupe réputé proche d’Al-Qaeda a menacé récemment l’armée libanaise.
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