L’élection présidentielle au Liban reportée pour la 11e fois
Publié par Liban Live - Actualité du Liban le 29 décembre 2007 à 17:39 -
BEYROUTH (AFP) - Le Liban entrera en 2008 sans président en raison d’un nouveau report de la séance parlementaire qui était prévue samedi pour élire un chef de l’Etat, du fait de la persistance des désaccords entre les deux camps rivaux.
Ce report, le 11e en environ trois mois, était prévisible en l’absence de consensus entre la majorité antisyrienne et l’opposition proche de Damas et Téhéran.
Le Liban, qui traverse sa pire crise politique depuis la fin de la guerre civile (1975-1990), est sans président depuis le départ du prosyrien Emile Lahoud, le 23 novembre.
Le chef de l’armée, Michel Sleimane, fait figure de candidat consensuel, mais l’opposition réclame de discuter avant l’élection de la composition du futur gouvernement, ce que refuse la majorité.
Les deux camps n’arrivent également pas à se mettre d’accord sur le mécanisme d’un amendement constitutionnel qui permettrait l’élection de M. Sleimane.
Selon la Constitution, les hauts fonctionnaires souhaitant se présenter à la présidentielle doivent démissionner deux ans avant l’élection.
Le président du Parlement, qui est également un des leaders de l’opposition, a toutefois jugé dans son communiqué qu’il n’y avait pas besoin d’amender la constitution pour élire M. Sleimane, en se fondant sur une interprétation propre de la constitution.
L’article 74 stipule qu’”en cas de vacance de la présidence (…) le Parlement se réunit immédiatement et de plein droit pour élire un nouveau président”, affirme le communiqué, “ce qui exclut toute idée d’amendement”.
Le gouvernement avait adopté lundi un projet de loi sur un amendement permettant –”pour une seule fois”– l’élection de hauts fonctionnaires à la tête de l’Etat. Une pétition a également été signée par des députés de la majorité en ce sens.
La session parlementaire ordinaire s’achèvera le 31 décembre. La prochaine ne se tiendra qu’à la mi-mars. Le gouvernement avait appelé M. Berri à la convocation d’une session extraordinaire pour l’amendement et l’élection au cours de la période allant du premier janvier au 17 mars.
Mais, dans le communiqué de vendredi, le président du Parlement a également jugé que cette convocation n’était pas nécessaire.
Selon le juriste Ziad Baroud, M. Berri tente de proposer “une sortie de secours” pour faciliter l’élection.
“C’est une certaine lecture de la Constitution, pour dire que la vacance de la présidence est un cas exceptionnel qui fait que les conditions de l’amendement ne sont plus valables”, explique-t-il.
A l’en croire, le blocage se poursuivra tant que les deux parties ne se seront pas mises d’accord sur une “feuille de route” comprenant les grandes questions telles que le problème des armes du Hezbollah chiite ou celui du tribunal chargé de juger les inculpés dans l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri.
“Les deux parties attendent un bon +timing+ régional ou international, soit pour se mettre d’accord, soit pour forcer les choses en leur faveur”, a ajouté M. Baroud.
Le blocage actuel au Liban est interprété comme le prolongement du bras de fer entre l’Occident, d’une part, et la Syrie et l’Iran, d’autre part. La majorité accuse l’opposition d’être sous la coupe de Damas, alors que celle-ci reproche au gouvernement d’être inféodé à Washington.
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