La présidentielle libanaise reportée au 17 décembre
Publié par Liban Live - Actualité du Liban le 10 décembre 2007 à 15:29 -
La session parlementaire lors de laquelle doit être élu le président du Liban, prévue pour mardi, a été reportée pour la huitième fois et fixée au 17 décembre, a annoncé lundi le bureau du président du Parlement, Nabih Berri.
“Le bureau du président a décidé de reporter la session de demain à lundi prochain”, indique un communiqué.
Ce nouveau report était attendu, les milieux politiques doutant de la possibilité de trouver une issue à la crise politique, la plus grave au Liban depuis la fin de la guerre civile (1975-1990).
C’est la huitième fois que la session qui doit élire le successeur du président prosyrien Emile Lahoud est reportée. La présidence est vacante depuis deux semaines et demie.
M. Lahoud a quitté son poste le 23 novembre, mais la majorité au pouvoir, soutenue par les Occidentaux, et l’opposition, menée par le mouvement chiite Hezbollah, ne parviennent pas à se mettre d’accord sur le nom d’un candidat pour sa succession.
Le communiqué du bureau de Nabih Berri a été publié après que des parlementaires de la coalition au pouvoir eurent annoncé qu’ils boycotteraient la session mardi, en raison du refus de l’opposition d’amender la Constitution de sorte que le chef de l’armée libanaise puisse être élu président.
La majorité et l’opposition se sont mises d’accord pour que le chef de l’armée, le général Michel Sleimane, soit président, mais les négociations achoppent sur le mécanisme d’amendement de la Constitution et sur la formation du futur gouvernement.
L’amendement est une condition sine qua non pour l’élection du chef de l’armée, car l’article 49 de la Constitution interdit à un haut fonctionnaire de devenir chef de l’Etat, sauf s’il démissionne de son poste deux ans avant l’élection.
L’amendement doit être entériné par les deux-tiers des députés et approuvé par le Parlement.
Mais la majorité ne dispose que de 68 députés sur un total de 127, et l’opposition ne reconnaît pas le gouvernement du Premier ministre Fouad Siniora, soutenu par l’Occident, depuis la démission en novembre 2006 des six ministres de l’opposition pour réclamer davantage de portefeuilles ministériels.
“Outre l’amendement constitutionnel, les divergences persistent concernant un accord politique global (réclamé par l’opposition) sur une nouvelle loi électorale, le Conseil constitutionnel et le futur gouvernement”, a expliqué le député Ibrahim Kanaan, membre du Courant patriotique libre (CPL) du leader chrétien Michel Aoun.
L’opposition insiste pour que l’élection du président soit précédée de cet accord, tandis que la majorité refuse de discuter d’avance de cette question.
“Il n’y aura pas d’entente tant que nous n’aurons pas reçu de promesses préalablement à l’amendement”, a déclaré le général Aoun.
“Comment le nouveau président peut-il gouverner s’il existe autant de divergences ? Serait-il capable de combler le fossé entre les deux camps ? Bien sûr que non”, avait relevé Ibrahim Kanaan.
“Nous voulons un accord global, et nous le voulons sur papier pour que, au moment où le président sera élu, nous n’entrions pas en conflit sur la composition du gouvernement et d’autres dossiers importants”, avait-il noté.
Le député indépendant Robert Ghanem et un autre député, Bahige Tabbara, ancien ministre de la Justice, ont envoyé un projet de pétition à Nabih Berri, une des grandes figures de l’opposition, et espèrent qu’elle sera signée par dix députés, cinq de chaque camp.
La pétition “est dans les mains du président Berri”, a déclaré M. Ghanem à l’AFP avant l’annonce du nouveau report.
La crise politique en cours au Liban est interprétée comme un prolongement du bras de fer opposant les Etats-Unis à la Syrie et à l’Iran, la majorité accusant l’opposition d’être sous la coupe de Damas, alors que celle-ci reproche au gouvernement d’être inféodé à Washington.
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